André Lenoir ne nous invite pas à le suivre.
Il n’est pas un guide qui montre le chemin.
Il nous incite à sortir du chemin.
Il nous exhorte à l’errance.
Pas à la désespérance, non : à l’errance.
Alors nous errons. Parmi des textes.
Nous nous aventurons. Loin des chemins.
Nous endossons des costumes étranges.
Nous nous découvrons, étrangers à nous-même.
Nous nous explorons nous-même.
Nous osons les recoins les plus obscurs.
A l’intérieur de nous-même.
Là où jamais nous n’avions osé nous aventurer.
(Il fait parfois si noir, en nous même…)
Et nous sommes surpris de ne pas nous y reconnaître.
Nous ne nous imaginions pas ainsi.
Nous nous découvrons des générosités… et des cruautés insoupçonnées.
Des grandeurs et des lâchetés.
Et surtout des audaces. Un courage stupéfiant.
Sans doute est-ce pourquoi nos errances nous mènent
chaque fois
à ces tableaux de lumière
à ces envolées voluptueuses
à ces fulgurances stridentes
que sont les spectacles de la Malle de Pandora.
C’est à cela qu’aboutissent nos errances.
Errances, et non désespérance.
A la malle de Pandora, point de désespérance.
Ovide raconte que l’Espérance seule est restée, au fond de la boîte de Pandore, après que tous les vices s’en fussent échappés.
L’Espérance n’est jamais sortie de la Malle de Pandora.
C’est elle que nous venons retrouver.